« Accompagner au numérique, c’est redonner confiance »
Le Jeudi 28 mai 2026
Dans plusieurs villes de France, Emmaüs Connect accueille les publics dans des Espaces de solidarité numérique (ESN), où l’apprentissage se fait en petits groupes. Au-delà de l’approche technique, ces ateliers sont avant tout des lieux d’échanges qui recréent du lien social.
En quoi consistent les ateliers que vous proposez ?
Nous animons des ateliers de deux heures, en petits groupes de huit à dix personnes, pour aborder tous les thèmes du numérique, sur tout type d’appareil : ordinateur, tablette, smartphone. Il ne s’agit pas de donner un cours magistral, mais de répondre aux besoins réels de chacun. Cela va de l’envoi de photos à la création d’un mot de passe sécurisé, en passant par
l’utilisation des réseaux sociaux. Un animateur encadre la séance, accompagné de bénévoles qui circulent entre les participants pour les aider pas à pas. L’ambiance est bienveillante, conviviale et, surtout, personne ne se sent jugé.
Quel public accompagnez-vous ?
Nous avons une très forte demande et beaucoup viennent grâce au bouche-à-oreille. Mais la majorité de nos publics sont orientés par des structures sociales : centres sociaux, centres d’hébergement, associations… On accueille environ 20 % de séniors, et près de 60 % ont entre 26 et 59 ans : actifs, demandeurs d’emploi. Cela montre que la fracture numérique touche toute la société, même les plus jeunes.
Rencontre avec Lorelou Couëslan, responsable territoriale de l’association à Paris.
POUR EN SAVOIR PLUS
Trouvez l’Espace de solidarité numérique (ESN) ou la ressource Emmaüs Connect la plus proche de chez vous sur
https://emmaus-connect.org
Quelles sont les difficultés les plus fréquentes ?
Chez les séniors, il y a souvent la peur de « mal faire » : les mots de passe, les vérifications doubles, les mises à jour… Tout cela peut vite décourager. D’autres manquent simplement de pratique : ils ont reçu en cadeau de leur famille un téléphone moderne, mais ne savent pas s’en servir. Certains craignent même de tout effacer en cliquant sur le mauvais bouton. Nous leur redonnons confiance petit à petit, à travers des exercices simples et concrets. La semaine dernière, une dame a réussi à scanner un QR code pour accéder à un service. Tout de suite, son visage s’est illuminé !
Comment vous adaptez-vous aux séniors dans vos ateliers ?
On prend le temps. Ce n’est pas grave s’il faut répéter. Nous vérifions également que le matériel est bien adapté : gros caractères, bon contraste à l’écran, clavier ergonomique… Surtout, beaucoup de personnes viennent pour ne pas rester seules. Les ateliers deviennent des lieux d’échanges et d’entraide. C’est très utile dans une société qui se dématérialise de plus en plus. À Paris, Emmaüs Connect propose également des visites numériques à domicile pour les personnes isolées. Un bénévole se rend chez elles pendant six séances. Parfois, les progrès sont lents, mais ce n’est pas le plus important. Le simple fait d’accueillir quelqu’un, de parler, de partager, recrée du lien.