Événements climatiques extrêmes : les nouveaux défis
Le Mardi 31 mars 2026
Vagues de chaleur, inondations, sécheresses, feux incontrôlés… Tous ces événements climatiques extrêmes apparaissent de plus en plus fréquemment et sont en lien direct avec le changement climatique. Comment faire face à ces réalités ?
En janvier 2025, le ciel de Los Angeles a pris une teinte orange inquiétante. C’est la conséquence des fumées de violents incendies qui ont ravagé le territoire, lorsque la sécheresse liée à d’importantes rafales de vent a favorisé des centaines de départ de feu. En tout, plus de 10 000 habitations ont été touchées par les flammes.
Méga-feux
Les images d’une tempête de cendre rougeoyante dans le ciel font-elles figure d’exception ? Pas vraiment, à en croire les chercheurs, leur constat est assez alarmant : ces incendies géants sont amenés, au contraire, à se multiplier sur le globe.
Pire, dans des conditions très chaudes et sèches, certains feux de forêt ne semblent plus suivre les règles habituelles. Par leur ampleur, ils provoquent un phénomène de convection puissant qui aspire tout l’air frais en amont du front de flamme. Résultat : le feu s’auto-entretient et crée ses propres vents, indépendamment de la météo locale, et devient pratiquement inarrêtable.
La météo s’emballe
Mais d’autres événements climatiques extrêmes frappent un peu partout dans le monde. Sécheresses, canicules et pluies surviennent désormais avec une intensité et une fréquence inhabituelles. Le sixième rapport du GIEC, publié en 2021, constate notamment cette tendance et expose les bases physiques de ces changements. En cause ? Le réchauffement climatique, directement lié aux activités humaines.
Il modifie déjà profondément le courant-jet (ou jet-stream). Ce flux d’air rapide influence les conditions météorologiques à l’échelle du globe et ne jouerait plus son rôle de régulateur aussi bien qu’avant. Si bien que plusieurs phénomènes extrêmes peuvent émerger simultanément en différents points de la planète, comme ce fut le cas à l’été 2023 lorsque l’Amérique du Nord, l’Europe du Sud et l’Asie ont été touchées au même moment par une terrible canicule, tandis que des précipitations record s’abattaient en Norvège et en Slovénie.
Inondations et vagues de chaleur en France
Par ailleurs, de plus en plus de systèmes dépressionnaires stagnent au-dessus d’une même zone. Les nuages puisent alors vers toutes les sources d’humidité possibles : les précipitations qui se sont abattues dans le Pas-de-Calais en novembre 2023 auraient ainsi été alimentées par la mer et les nombreux cours d’eau et zones humides de la région. À certains endroits, l’équivalent de quatre mois de précipitations s’est déversé en à peine 24 jours.
En parallèle, les vagues de chaleur intense et durable sont aussi plus longues, renforcées par l’effet des dômes de chaleur qui opèrent lorsqu’un vaste anticyclone stagne sur une même région et fait monter la chaleur au fil des jours. Le cap des 50°C se rapproche ainsi dangereusement en France. La température la plus chaude a été enregistrée à Vérargues, dans l’Hérault, lors de la canicule de juin 2019 avec 46°C ! Sans oublier les sécheresses qui s’étalent désormais sur plusieurs mois, comme en 2022 où 35 % du territoire a été touché entre mars et décembre.
Repères
44 % des Français estiment déjà subir les conséquences du changement climatique (contre 27% en 2015).
2 jours de canicule par an en moyenne avant 1989, 42 jours en 2023.
Protéger les citoyens
Face à ces évolutions climatiques, de lourds investissements devront être consentis afin de protéger les populations. En France, le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3) prévoit notamment la mise en place de systèmes d’alerte précoces, l’adaptation de l’habitat aux différents risques (inondations, incendies…) et la cartographie des risques climatiques.
Désormais, les Plans locaux d’urbanisme (PLU) intègrent ces nouveaux enjeux. De nombreuses villes développent par exemple des « rues fraîches » ombragées avec des tonnelles de verdure, des fontaines ou des brumisateurs, et des revêtements clairs, comme le béton blanc, qui réfléchissent la lumière du soleil au lieu de l’absorber. À Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées, la municipalité a planté des centaines d’arbres pour à la fois réguler la température et la qualité de l’air.
Agir en amont
Des projets de replantations avec des essences d’arbres plus résistantes à la sécheresse et aux incendies sont également mis en place dans les forêts. Certains agriculteurs adoptent des techniques d’agroforesterie, qui associent arbres et cultures, pour éviter l’érosion des sols et le ruissellement de l’eau... Certes, la situation actuelle rappelle l’urgence de nous adapter à une météo de plus en plus changeante et à ses répercussions sur nos modes de vie. Mais il est essentiel d’agir à la racine en réduisant drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre.
L’Ircantec engagée en faveur du climat et de l'environnement
En cohérence avec ses valeurs, l’Ircantec intègre pleinement les enjeux environnementaux dans ses décisions d’investissement, tout en s’impliquant activement dans la transition énergétique et écologique.
Entamée en 2009, la démarche d’investisseur responsable (dite « démarche ISR ») de l’Ircantec s’est renforcée en 2016, dans le cadre de sa signature de l’appel de Paris suite à la COP21.
En 2022, l’Ircantec a pris l’engagement d’inscrire son portefeuille d’investissement dans une trajectoire de réduction de ses émissions carbone compatible avec un « scénario 1,5°C ». Cette trajectoire ambitieuse repose sur l’exclusion des sociétés qui se refusent à adopter de bonnes pratiques dans le secteur des énergies fossiles, le renforcement des investissements dans la transition énergétique et écologique et sur l’engagement actionnarial pour inciter les entreprises à réduire leurs émissions.
En 2024, à la suite de la COP 16 biodiversité, l’Ircantec a une nouvelle fois approfondi ses engagements pour la préservation de la nature en publiant sa nouvelle « politique biodiversité ».
Source : Evénements climatiques extrêmes : sommes-nous prêts à l’inévitable ? Rapport sur la résilience de la société française par la Croix-Rouge, le Crédoc et la Fondation de la Croix-Rouge française, 2024.