Maltraitance envers les personnes âgées : l’heure des solutions

Le Mardi 17 février 2026

Insultes, privations, coups, menaces… Une personne âgée de plus de 60 ans sur six serait victime de maltraitance, selon l’OMS. Une souffrance bien réelle - souvent taboue - qui se manifeste de plusieurs façons. Comment la déceler et la combattre ?

Plus personne n’ignore la maltraitance envers les personnes âgées, dont les cas à l’issue tragique font trop régulièrement la une des médias. En France, les auteurs de maltraitance envers des personnes âgées sont majoritairement l’entourage (35 %) et les professionnels de santé ou de l’accompagnement social (36 %)*. La honte et la culpabilité ressenties par la victime l’empêche souvent d’en parler, certains dissimulant même leur souffrance pour ne pas alarmer leurs proches.

Des formes multiples

Définie dans la loi depuis février 2022, la maltraitance des personnes vulnérables peut prendre de multiples formes : physique, psychologique, sexuelle, matérielle, financière… Elle peut aussi résulter d'une atteinte aux droits, de négligence ou d'un défaut de soins. Sont ainsi considérés comme des maltraitances les violences mais aussi l'enfermement, l'accaparement des revenus de la personne, la restriction de ses libertés ou le non-respect de ses choix… Sur le terrain, ces phénomènes augmentent avec la vulnérabilité de la personne. 67 % des victimes sont par ailleurs des femmes*.

Plus de 16% des plus de 60 ans seraient victimes de maltraitance, selon l’OMS

Une évaluation des établissements

En institution, le phénomène a été trop longtemps sous-estimé, jusqu’à récemment. Depuis, le Gouvernement a lancé la tenue des États généraux des maltraitances, organisés par le ministère des Solidarités (2023), un vaste plan de contrôle et de transparence des 7 500 Ehpad, ainsi que l’adoption de la loi « Bien vieillir » (2024). Cette loi contient un volet de lutte et de prévention contre les maltraitances et, notamment, la reconnaissance d’un droit de visite pour les personnes hébergées en établissements de santé ou en Ehpad. Des avancées majeures mais encore insuffisantes et trop récentes pour être efficaces.

 

* Rapport d’activité 2023 de la Fédération 3977 contre les maltraitances.

En cas de doute, appelez le 3977

D’où la nécessité d’aborder le sujet pour mieux le repérer et le prévenir - par exemple avec un proche en qui vous avez confiance (famille, médecin traitant…) - et de signaler les situations à risque. Vous pouvez trouver de l’aide en composant le numéro national 3977.

Ce service gratuit et confidentiel (l’appel n’apparait pas sur les relevés de téléphone). Il s’adresse tout à la fois aux victimes, aux témoins de situations de maltraitance, à l’entourage privé et professionnel, et aux personnes prenant soin d’une personne âgée.

Et en cas de danger imminent (actes de privation, agressions sexuelles, mauvais traitements…), il faut contacter le 17, la police ou la gendarmerie.