Contre les arnaques, adoptez les bons réflexes
Le Lundi 26 janvier 2026
Les escroqueries financières visant les séniors sont en hausse. Usurpation d’identité, surfacturation, faux dépannage… Au sein d’une association de consommateurs, un juriste nous livre ses conseils pour s’en protéger efficacement.
« Bonjour mamie… j’ai eu un accident, j’ai besoin d’argent tout de suite. »
Ce type de message, tout le monde ou presque l’a déjà reçu. Derrière, ce n’était pas un proche, mais des escrocs jouant sur l’urgence. « La stratégie est souvent la même, prévient Olivier Gayraud, juriste à l’association nationale de défense des consommateurs CLCV*. Les fraudeurs créent une pression constante : une situation grave, une opportunité à saisir immédiatement ou une menace d’interruption de droits ou de services qui vous pousse à agir vite… trop vite. »
Ne pas se précipiter
Son conseil est clair : prendre toujours deux minutes pour analyser la situation – est-ce que cela semble normal ? « En cas de doute, parlez-en à un proche ou simplement raccrochez et contactez vous-même l’organisme mentionné, avec un numéro que vous connaissez. »
Le juriste alerte également sur la recrudescence des escroqueries au faux conseiller bancaire. « Même si l’appel semble provenir de votre banque, il peut s’agir d’un numéro truqué. » C’est ce qu’on appelle le « spoofing » : l’escroc affiche un faux nom ou imite un numéro officiel pour obtenir des informations personnelles (numéro de carte bancaire, identifiant, code confidentiel…).
Démarchage
Attention, aussi, avec le démarchage à domicile : installation de panneaux solaires, offre de travaux, diagnostic… « Ma recommandation est de ne jamais rien souscrire lors de ces visites imprévues. Demandez toujours un devis et rappelez-vous : vous avez 14 jours pour vous rétracter, même si vous avez signé », souligne Olivier Gayraud.
Enfin, par courrier électronique, des personnes malveillantes peuvent se faire passer pour des organismes officiels (Assurance maladie, impôts…). En cas de doute, il ne faut ni y répondre, ni ouvrir la pièce jointe ou cliquer sur le lien proposé. « Ces arnaques sont très sophistiquées et tout le monde peut tomber dans le panneau », rappelle Olivier Gayraud. Le rôle de l’association CLCV est justement d’accompagner les victimes dans leurs démarches et de les aider à sécuriser leurs comptes : « Nous donnons aussi beaucoup de conseils de prévention dans nos ateliers et actions locales ».
* Consommation, logement, cadre de vie. La CLCV fédère un réseau de 360 associations sur le territoire.
Les fraudeurs créent toujours une situation d’urgence pour vous empêcher de réfléchir.
Olivier Gayraud, juriste à l’association CLCV
OÙ TROUVER DE L’AIDE ?
Si vous pensez avoir été victime d’une arnaque, des solutions existent.
- Le service Info Escroqueries (0 805 805 817) informe et oriente gratuitement.
- Le site Cybermalveillance.gouv.fr propose des conseils pratiques.
- Les associations comme CLCV ou France Victimes (116 006) apportent écoute et accompagnement.
Fraudes sur Internet : comment se protéger ?
Les arnaqueurs utilisent des techniques toujours plus sophistiquées, comme « l’hameçonnage », qui donne l’impression d’un message officiel, ou de faux sites marchands très crédibles.
Vérifiez bien les adresses avant de cliquer sur un lien ou d’ouvrir une pièce jointe.
- Pour protéger vos données, utilisez des mots de passe longs – d’au moins dix caractères (lettres + chiffres + symboles) – et uniques pour chaque site.
- Activez la double authentification pour vos comptes importants (banque, messagerie principale…). Si on trouve votre mot de passe, on aura besoin de votre smartphone pour se connecter.
- Sachez qu’en cas d’arnaque par carte bancaire, la banque a l’obligation de vous rembourser, sauf en cas de négligence avérée.
Chiffres clés
Parmi les victimes d'escroquerie, la part des plus de 65 ans représentaient :
23 % en 2023
19 % en 2016
Texte de Christophe Polaszek.