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Culture

Se souvenir des métiers oubliés

20 septembre 2021

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Chassés par le progrès, les allumeurs de réverbères, porteurs d’eau et autres poinçonneurs ont fini par rendre leur tablier.

Même si nous ne faisons plus appel à leurs services, le souvenir de ces travailleurs du passé persiste. Les temps changent, mais la mémoire collective est toujours vive. Voici six de ces métiers oubliés.

Réveilleur : debout là-dedans !

Comme son nom l’indique, le réveilleur était payé pour sortir de leur lit les ouvriers et les employés qui ne possédaient pas de réveille-matin. Petits cailloux jetés contre les vitres, coups de sifflet, baguettes de bois pour atteindre les étages, tous les moyens étaient bons pour faire réagir les plus ensommeillés. Rétribué à la tâche, le réveilleur ne percevait son dû que lorsque son client était en état de le lui remettre.

Dactylographe : au pied de la lettre

Employée de bureau maîtrisant aussi bien la langue française que sa machine à écrire, la « dactylo » était capable de saisir, en un temps record et les yeux fermés, n’importe quel texte manuscrit en se servant de ses dix doigts. À la moindre faute de frappe, elle devait alors recopier la page entière, de quoi capituler devant l’inexorable progrès de l’informatique et l’avènement de l’ordinateur personnel.

Rémouleur : coupe toujours

À la ville comme à la campagne, ce travailleur ambulant affûtait et aiguisait à la demande couteaux, ciseaux, poignards, épées ou tout objet tranchant à la lame émoussée. Sur sa charrette : une meule mécanique à eau, taillée dans la pierre et reliée à une planchette que le rémouleur actionnait avec le pied. Jardiniers, bouchers et ménagères accouraient au coin de la rue ou sur la place du village lorsqu’ils entendaient tinter la clochette du rémouleur.

Marchande de plaisirs : délectations à un sou

Vendeuse ambulante de pâtisseries aussi légères que rudimentaires, la marchande de plaisirs arpentait les parcs et jardins pour proposer ses gourmandises aux enfants citadins. Bien vite picorés, par les marmots comme par les oiseaux, ces petits plaisirs en cornets que l’on appelait aussi « oublies » ont disparu face à la concurrence grandissante et féroce des confiseries, boulangeries, pâtisseries et autres marchands de glaces !

Chiffonnier : pionnier du tri sélectif

Ce travailleur nomade collectait indifféremment des vieux chiffons, de la ferraille, du verre, des peaux de lapins ou encore des mégots pour les revendre au plus offrant. L’industrialisation, la généralisation du ramassage des ordures ménagères et la mutation des habitudes de consommation ont eu raison des derniers chiffonniers au cours des années 1960. En quête perpétuelle de bonnes trouvailles, les chiffonniers d’Emmaüs perpétuent néanmoins l’esprit de cette pratique ancestrale.

L’ange gardien : capitaine de soirée

Chargé de veiller sur les fêtards au coude lest, ce travailleur sans horaires s’engageait à ramener à bon port les piliers de comptoirs déboussolés par leurs excès. Accoudé devant un verre d’eau de Vichy, l’ange gardien devait attendre patiemment que les meilleurs clients soient mûrs pour les raccompagner. Chichement rétribués par les bistrotiers, les derniers anges gardiens se sont sans doute reconvertis en chauffeurs de taxi !

Rédactrice : Magali Migaud

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