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Evasion

À la cour des volcans d’Auvergne

25 juin 2020

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Un royaume ondulé envahi par les cratères, les prés à vaches, les myrtilles et les bourgades enluminées. Loin d’une terre endormie, l’Auvergne brille de mille feux...

Il y a à peine quelques millénaires, ils riaient à gorge déployée, arrachant à la terre sa colère. Et puis, le souffle s’est fait court, la joyeuse bande des volcans auvergnats s’est assoupie sous une couverture de forêts et de pensées. Longtemps, le pâtre les a considérés comme de simples amas de déchets miniers aussi insignifiants que des « taupinières ».

C’est en 1752 que Jean-Etienne Guettard, médecin, biologiste et minéralogiste français, révèle leur nature ardente. Observateur, il reconnaît les pierres ponces et les quartiers de lave pareils à ceux du Vésuve. Il affirme alors que ces collines ne sont rien d’autre que des volcans endormis. Deux siècles plus tard, les Auvergnats ne s’effarouchent pas davantage lorsque les vulcanologues annoncent que la chambre magmatique sous leurs pieds pourrait bien être réactivée et éjectée à la surface… dans quelques mois, quelques siècles ou millénaires – qui sait quand le royaume renaîtra-t-il de ses cendres.

Trois massifs

Aujourd’hui, ils sont sagement rangés comme des bols sur l’égouttoir dans le Parc des Volcans d’Auvergne. À cheval sur les départements du Puy-de-Dôme et du Cantal, c’est le plus grand parc naturel de France métropolitaine et le plus vaste ensemble volcanique d’Europe ! La chaîne des Puys, la plus jeune (95 000 ans), compte 80 cônes dont la plupart se sont érigés en une seule et brève éruption – ce sont des volcans « monogéniques ». Le plus haut et le plus connu de tous est le Puy de Dôme trempé de la sueur de tant de passionnés de la petite reine.

Plus adouci, le massif du Cantal est le plus vaste : il rayonne sur une couronne de 70 km de diamètre. C’est aussi le plus ancien, né à l’aube du tertiaire, il y a 65 millions d’années. À Salers, la cité médiévale tournée vers le Puy Violent, l’architecture s’est emparée, l’air de rien, de la matière volcanique – contrairement à Clermont-Ferrand qui affiche ostensiblement sa cathédrale obscure, taillée dans la pierre de Volvic.

Contemplation… et gourmandise

Plus tourmenté, le massif du Mont-Dore (ou du Sancy) a entrepris de s’édifier il y a plus de trois millions d’années. À Besse, les maisons sont en partie sculptées dans la lave : elles ont gardé la mémoire de Margot, l’épouse répudiée d’Henri IV, restée captive dans une demeure à tourelle… Eh non ! L’Auvergne ne culmine pas au Puy de Dôme (seulement 1 465 m), ni même au Plomb du Cantal (1 855 m), mais bien ici au puy de Sancy (1 885 m), sommet que l’on gravit (presque) sans peine grâce aux aménagements de bois.

En marge de ces paysages suspendus, l’Auvergne recèle bien d’autres trésors. De l’illustre Saint-Nectaire, créé au IIIe siècle par les Avernes, au gaperon, mélange de lait de vache, d’ail et de poivre en forme de dôme – ça ne s’invente pas –, en passant par les salaisons, les noisettes ou les nobles vins de Saint-Pourçain… Les volcans ont nourri la terre pour le plus grand bonheur des palais gourmets !

Rédacteur : Christophe Polaszek

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