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Culture

Casamaures : l’Orient aux portes de Grenoble

27 janvier 2020

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Dans le ciel Isérois, la villa Casamaures crée la surprise avec son architecture néo-mauresque. Découverte de ce petit bijou du XIXe siècle.

Façades bleu outre-mer, arabesques, calligraphies arabes, jardin luxuriant… On se croirait sur les rives du Bosphore en visitant la Casamaures, mais en levant la tête, on aperçoit les contreforts de la Chartreuse et du Vercors. Posée sur le rocher de Saint-Martin-le-Vinoux, cette villa construite en 1855 est le plus ancien monument historique réalisé en ciment moulé.

L’or gris

Pour matérialiser son rêve, le négociant grenoblois Joseph Jullien – ancien maréchal-ferrant – a délaissé les tailleurs de pierres et autres stucateurs traditionnels pour faire appel à l’entrepreneur Aimé Milly, spécialisé dans le travail du ciment, ce nouvel « or gris » exploité dès 1842 à quelques pas seulement de la villa. Tous les éléments architecturaux ont été préfabriqués et moulés dans des ateliers : les cinquante-deux colonnes ceinturant les façades de la bâtisse sur deux étages, ainsi que tous les ornements du type moulures d’arabesques, entrelacs ou fleurs stylisées, destinés à se répéter sur les corniches, les rambardes, dans les baies et autour des arcs lancéolés (en forme de fer de lance).

Mais cette maison témoigne avant tout d’une époque qui se passionne pour l’Orient. Dans les années 1820, l’égyptologue grenoblois Jean-François Champollion déchiffre pour la première fois les hiéroglyphes et lance les études sur le monde oriental. Les papiers peints à la main transportent les visiteurs sur les bords de la mer Noire, en pleine guerre de Crimée, dans les années 1850. Autres signes du levant, le jardin d’hiver, immense structure en bois ajourée accolée à la villa, et les cheminées en plâtre ciselée rappellent Constantinople appelée Istanbul depuis 1930.

Folia d’amore

En 1878, ruiné par la construction et la décoration de cette « folie » mauresque, Joseph Jullien est contraint de la céder à ses créanciers. Pendant près d’un siècle, la villa va passer de main en main – 13 propriétaires au total ! Peu à peu soumise aux dégradations du temps, des guerres et des squatteurs, la demeure est en grand péril lorsqu’une artiste grenobloise, Christiane Guichard, l’acquiert en 1981. Elle lui donne le nom de Casamaures, de « casa » qui signifie maison, « maures » pour le style mauresque, mais aussi la ressemblance avec le mot « amore » pour les nombreux témoignages d’amour dissimulés un peu partout dans la villa (cœurs, calligraphies…), tendres vestiges des passions de Joseph Jullien envers sa femme.

Classée « Monument historique » en 1986, ce petit joyau est serti d’un écrin de verdure parfumé de plantes et d’arbres exotiques : de l’oranger du Mexique, au palmier en passant par le bananier. Près de la terrasse, un Magnolia grandiflora étend ses branches depuis plus de 150 ans. Il a été labellisé « Arbre Remarquable de France » en 2007. Les contes des Mille et Une Nuits se racontent ici aussi…

Pour visiter la Casamaures

8 bis, avenue du Général-Leclerc 38 950 Saint-Martin-le-Vinoux

Tél. : 09 50 71 70 75

www.casamaures.org

Visites individuelles guidées le premier samedi de chaque mois. Visites en groupes (10 personnes minimum), sur rendez-vous.

Rédacteur : Christophe Polaszek

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