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Culture

Ces femmes de l’ombre qui ont fait l’Histoire

13 janvier 2020

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Et si l’on remontait le temps pour partir à la rencontre de femmes extraordinaires ? Médecin, sportive, scientifique...

Pourtant pionnières, certaines d’entre elles ont été effacées de l’Histoire, victimes d’une misogynie persistante. Le talent n’a définitivement pas de sexe !

Méryt-Ptah, une médecin antique

Ce voyage débute à l’âge de bronze, au cœur de la troisième dynastie égyptienne. Loin du cynique Dr House et du chirurgien hors-norme de « Good doctor », Méryt-Ptah exerçait déjà la médecine au XXVIIe siècle avant J-C. Sur sa tombe figure l’inscription « médecin en chef », indiquant qu’elle supervisait ses confrères et prenait soin du pharaon. Cette épigraphe fait d’elle la première femme médecin de l’Histoire, à l’époque où cette science est presque exclusivement pratiquée par des hommes.

George Sand, nom d’homme, plume de femme

Un bond de plusieurs millénaires pour se projeter dans l’histoire d’Amandine Aurore Lucile Dupin, plus connue sous le nom de George Sand. « J’ai un but, une tâche, disons le mot, une passion. Le métier d’écrire en est une violente et presque indestructible. » Contrairement aux apparences, c’est bel et bien une femme l’auteure de ses mots exaltés. Mais au milieu du XIXe siècle, gare à celles qui osent prendre la plume et rares sont celles qui peuvent en vivre ! Pour avoir plus de chance d’être publiée, elle emprunte un nom d’homme. Celle qui a lancé la mode garçonne était engagée dans la lutte pour l’égalité hommes-femmes, défendant le droit au divorce et encourageant les femmes à l’autonomie.

Alice Guy, pionnière du septième art

Et si le cinéma avait été inventé par une femme ? En 2018, le festival de Cannes rendait hommage à Alice Guy, considérée comme la première réalisatrice, avant même les frères Lumière. Née en 1873, elle travaille d’abord comme sténodactylo pour les ateliers Gaumont puis, déplorant le manque d’inventivité des cinéastes masculins, installe un décor de draps peints aux Buttes-Chaumont, filmant une maman et son bébé et quelques amis en costume. Elle signe ainsi, en mars 1896, La Fée aux choux, la toute première fiction du septième art. S’en suivent 200 courts-métrages à grands renforts d’effets spéciaux, dont elle devient spécialiste. Le cinéma l’a pourtant occultée y compris Léon Gaumont qui ne rendra jamais hommage à son travail.

Un trio de génie sur orbite

Elles n’ont rien pour elles, sont femmes et noires dans une décennie des années 50 où la ségrégation fait rage. Ces prodiges des mathématiques sont pourtant embauchées par la Nasa pour mettre en œuvre le premier vol orbital autour de la planète puis pour mener à bien la mission Apollo. Particulièrement brillantes, Katherine Johnson, Mary Jackson et Dorothy Vaughan sont surnommées les « ordinateurs en jupe ». Leur travail, évincé des grandes heures de la conquête spatiale américaine, est réhabilité, 50 ans plus tard, en 2018 par le film Les figures de l’ombre. En 2015, âgée de 99 ans, Katherine Johnson reçoit, des mains de Barack Obama, la médaille de la liberté. Mieux vaut tard que jamais ?

Kathrine Switzer, un marathon des droits

Alors qu’aujourd’hui, les marathons du monde entier réunissent sur la même ligne de départ hommes et femmes, Kathrine Switzer a été prise à parti en 1967 pour avoir osé participer à celui de Boston. A l’époque, les stéréotypes sexistes considèrent qu’une femme est trop fragile pour ce type de disciplines et risque de développer des caractéristiques physiques masculines. Lors de la course, le directeur tente de lui arracher son dossard mais elle persiste. Un affront pour la fédération américaine d’athlétisme qui la disqualifie et s’obstine à interdire cette épreuve aux femmes. En 1984, grâce à son combat, les Jeux Olympiques de Los Angeles accueillent le premier marathon olympique féminin.

Malala, l’innocence en temps de guerre

Plus d’un siècle après Bertha Von Suttner, première femme à avoir été récompensée, Malala Yousafzai obtient le Prix Nobel de la paix en 2014, à l’âge de 17 ans, devenant ainsi la plus jeune lauréate. Son combat ? Rendre l’éducation des filles au Pakistan gratuite et obligatoire. Le déclic s’opère trois ans plus tôt, lorsqu’un groupe de Talibans lui tire une balle dans la tête. Cette tentative de meurtre, plutôt que de la faire taire, n’attise en rien sa haine et intensifie sa lutte. À 16 ans, elle livre un discours galvanisant à l’ONU, où elle prône l’instauration d’un dialogue avec les Talibans pour parvenir à un accord de paix. Son leitmotiv : « La meilleure façon de lutter contre la guerre est le dialogue et l’éducation ».

Rédactrice : Cassandre Rogeret

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