La musique format vinyle
Culture

La musique format vinyle

16 juillet 2019

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Mélomanes, néophytes, collectionneurs, DJs, jeunes, moins jeunes…

À l’heure du streaming, les amateurs des « galettes noires » sont de plus en plus nombreux, séduits par leur grain unique… Mais pas seulement ! Regards croisés entre trois générations unies par la culture « vinyle ».

Un rituel plaisir

« Le vinyle n'est pas seulement un format, c'est d’abord un rituel, raconte Christophe Tassin, ingénieur du son (42 ans). On le choisit, on le sort de sa pochette, on le nettoie, on le pose délicatement sur la platine, on écoute une face du début à la fin, puis l’autre, sans zapper. On réapprend à écouter les titres dans l’ordre voulu par l’artiste. C’est un moment d’écoute attentive ». S’il reconnaît volontiers apprécier le son chaud et subtil de ce format, ce qu’il affectionne davantage, c’est l’objet à travers le temps. « Certains disques ont mon âge, d’autres ont même été pressés alors que je n’étais pas né ! J’imagine leur parcours, à qui ils ont appartenu, où ils ont été stockés, comment ils sont arrivés jusqu’à nous… ».

Un bel objet à travers les époques

Une histoire d’objet… et de visuel ! « Dans les années 1960 et 1970, on pouvait acheter un vinyle pour la beauté et l’esthétisme de sa pochette, pour son graphisme. Je pense, par exemple, à The Velvet Underground avec la fameuse banane sur la pochette signée Andy Warhol, souligne Jean-Michel Levesque, élu local (70 ans), fou de musique depuis toujours et collectionneur dans l’âme. Les disques aussi peuvent être très beaux comme la version colorée jaune Lonely Art des Beatles, un pressage français de 1967, une pièce assez rare d’ailleurs ! ».

Chacun cherche son vinyle

Il y a ceux qui fouillent dans les bacs des disquaires indépendants, ceux qui fréquentent les foires et les brocantes le matin de bonne heure, ceux qui franchissent le seuil des salles des ventes où des pièces s’envolent à plusieurs centaines voire milliers d’euros, il y a les puristes qui ne jurent que par les éditions originales… « J’ai toujours acheté mes vinyles uniquement au moment de leur sortie ou de leur réédition », poursuit Jean-Michel. Sur ses étagères ? « Les Rolling Stones, les Beatles, les Pink Floyd, les Who, Led Zeppelin… Des musiques de films également. Des 45 comme des 33 tours. Des indémodables, un peu comme les Lego® ! ».

Passeurs de patrimoine musical

Ringardisé par le CD, donné pour mort dans les années 90, le vinyle a vu ses ventes quintupler en France ces cinq dernières années. D’ailleurs, les principales compagnies pressent la plupart des nouveautés sous ce format. « Mon père m’a acheté les albums d’artistes que j’adore comme Jane, Stromaé ou Bigflo & Oli, témoigne Julia Marin (16 ans). Je ne les ai pas encore ouverts, ils sont toujours dans leur emballage, car je les écoute plutôt sur des plateformes en ligne. Mais plus tard, quand j’aurais des enfants, j’aurais plaisir à les partager avec eux, comme mon père m’a fait découvrir Abbey Road des Beatles, Black to Black d’Amy Winehouse, Purple Rain de Prince, Thriller de Michael Jackson, Highway to Hell d’AC/DC ou encore Communiqué de Dire Straits : des « collectors » comme il dit ! ». La magie du vinyle…

Auteur : Emmanuelle Hardy

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