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Famille

Grands-parents, mais pas trop ?

20 mai 2020

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Ils pianotent sur leur smartphone, adorent le yoga et trouvent qu’apprendre l’islandais, c’est rigolo...

...Les grands-parents d’aujourd’hui ont souvent un emploi du temps bien chargé. Au point d’avoir parfois du mal à y caser un mercredi avec leurs petits-enfants. Qui sont-ils ? Rencontres.

Jusqu'au début du XXe siècle, le concept de « grands-parents gâteaux » tel que nous le connaissons était réservé aux milieux bourgeois. Chez les paysans, il n'y avait pas de grands-parents, il y avait des « vieux » qui représentaient moins un soutien qu'une bouche à nourrir. Les temps se faisant moins durs, on vit apparaître toute une génération de tendres Papys et Mamies ; des aïeux tricotant, compotant, bricolant et contant les histoires du temps jadis… Jusqu’à ce que, quelques années et un mouvement social plus tard, surgissent de nouveaux grands-parents. Mises en plis et tabliers à carreaux rangés au placard ! Ils sont désormais en jean et baskets, plus actifs et en forme physiquement… moins disponibles aussi. Plus question non plus de Grand-maman, encore moins de Mémé ou Pépère. Ils s’appellent Mamita, Mima, Papitou ou Grand’pa… « Ressembler à ma grand-mère, jamais de la vie », s’exclame Maryse, suivie par Pierre :   « Nos grands-parents, ils étaient repliés sur leur petit monde ».

Multifonctions

Espérance de vie oblige, ces nouveaux grands-parents ont souvent encore leurs parents. Par conséquent, ils doivent s’occuper à la fois de leurs petits-enfants et de leurs vieux parents. Un gros boulot ! Après une vie de travail bien remplie, beaucoup ne veulent tout simplement pas être enfermés dans un nouveau réseau de contraintes et d’obligations. Catherine veut choisir quand et comment s’occuper de ses petits-enfants. Pas question d’être inscrite au planning familial, tous les mercredis, par exemple. « Je ne dois pas avoir besoin de voir mes petits-enfants, mais envie, oui ! », résume-t-elle.

S’entretenir, s’interroger, découvrir… La retraite est aussi envisagée comme une période consacrée à l’épanouissement personnel et au plaisir. Ce qui n’empêche pas les grands-parents de continuer à vouloir jouer un rôle dans la société. Pour rester dans le coup, ils s’adaptent aux nouveaux usages liés par exemple aux technologies et autres réseaux sociaux. Plus besoin d’attendre que le téléphone sonne pour avoir des nouvelles des petits…

Une parenthèse heureuse

Autre constat : les grands-parents d’aujourd’hui sont plus avertis sur le développement de l’enfant et soucieux de son développement. Ils accordent une disponibilité et une écoute plus qualitatives. La plupart n’hésitent pas à emmener leur petits-enfants en randonnée, au cinéma, lisent des livres, certains jouent délicieusement le rôle de confidents. « Avec nos petits-enfants, on peut rattraper certaines frustrations, car nous ne sommes pas là pour éduquer. Cela laisse le champ libre pour une belle complicité qui passe par le jeu, pour plus de souplesse et même parfois quelques bêtises », sourit Hubert. Est-ce cela que l’on attend des grands-parents ? Un plaisir simple et réciproque, une parenthèse agréable, et surtout sans jugement ?

 

Entretien – Regards croisés

« Ces temps troublés nous révèlent des liens plus intenses »

Élisabeth Calu, 74 ans, Romans-sur-Isère (26)

Élisabeth a neuf petits-enfants. Entre vie de couple et engagements associatifs, elle parvient à trouver l’équilibre pour assumer son rôle de Bonnema et approfondir cette relation si particulière, plus détendue que la relation parent-enfant. Elle témoigne avec son petit-fils Célestin, 14 ans.

Grand-parent, un rôle à composer ?

Élisabeth Calu : Aucun de nos petits-enfants ne vit dans la même ville que nous. Nous n’avons donc pas de responsabilité dans leur vie quotidienne, mais nos enfants savent qu’ils peuvent faire appel à nous en cas de besoin et que nous mettrons nos activités personnelles de côté. Pour autant, nous ne sommes pas corvéables à merci ! Il faut continuer à cultiver sa vie personnelle et de couple, quoi qu’il arrive. À 16-17 ans, nos petits-enfants iront voir ailleurs et n’auront plus forcément envie de remplir notre maison. Il ne faut pas tout investir sur eux !

Célestin Calu : J’habite à Paris. Je vois Bonnema à peu près toutes les six semaines. Elle est un peu comme une seconde mère pour moi - même si les règles chez elle ne sont pas les mêmes que chez mes parents, c’est plus cool ! C’est une grand-mère moderne. Elle sait se servir de son smartphone, connaît les dernières séries et sorties cinéma, suit l’actualité... On peut parler de tout, sans prendre de pincettes.

Comment tissez-vous les liens ?

E.C. : J’espère ne pas avoir de préférence pour l’un ou l’autre de mes petits-enfants. Ils sont tous très différents par l’âge, le caractère et cette diversité me plait beaucoup. Parmi nos petits-enfants, les garçons sont majoritaires, six pour trois filles. Elles ont heureusement du tempérament, mais c'est la même relation entre nous, la même demande d'affection. Chaque été, nous organisons des « cousinades » où durant trois jours nous essayons de les réunir à la maison. Cela crée des liens, des souvenirs... À la fin de la journée, nous sommes épuisés, mais c’est de la bonne fatigue !

C.C. : Avec Bonnema, on s’appelle souvent et on s’envoie régulièrement des lettres. Nous avons aussi un groupe WhatsApp où l’on peut discuter et partager des photos et des vidéos - elle me voit ainsi dans mon quotidien. Quand on est ensemble, on se balade et j’aime lui poser des questions sur son enfance et l’histoire de ses ancêtres : « tu avais de bonnes notes à l’école ? », « comment tes parents ont vécu la guerre ? », « comment étaient mes parents petits ? ».

Comment voyez-vous la transmission ?

E.C. : J’aimerais transmettre à mes petits-enfants le goût des belles choses - la musique, la peinture, la belle nature… Le goût des bonnes choses aussi - la cuisine « maison » et de terroir plutôt que celle industrielle. Je veille à préserver un temps de qualité et d’échange pour chacun. Les livres et les contes sont aussi une belle ressource dans ces temps troublés.

C.C. : Bonnema nous a fait découvrir la nature. J’ai adoré passer des vacances avec elle et mon grand frère en Lozère, en camping sous la tente. Elle m’a appris la politesse, le respect et la patience. Cette bonne relation me servira à mon tour pour être un jour un bon grand-parent…

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Rédacteur : Christophe Polaszek

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