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Santé

Des applications pour sauver des vies

21 décembre 2020

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Voici trois applications que nous devrions tous avoir sur nos téléphones. Pour se former à sauver des vies et même servir de relais en cas d’urgence. Décryptage.

À la maison, en ville ou sur la route, chacun peut être confronté à une situation d’urgence, mais peu nombreux sont ceux qui savent pratiquer les gestes de premiers secours.

L’appli qui sauve de la Croix-Rouge est une première étape pour ne plus se sentir démuni. Avec ses onglets « Apprendre » et « Urgence », elle permet de faire face à toutes sortes de situations de la vie courante, de l’entorse à l’AVC, de la piqûre à la brûlure, en passant par les catastrophes naturelles (tempête, inondation…).

Véritable petit guide, l’application inclut une partie quiz pour tester ses connaissances et progresser à son rythme. Un bon moyen de s’approprier la partie théorique même si, estime Anastasia Apukhtina, chargée de mission formation grand public à la Croix-Rouge : « L’application doit servir idéalement de complément à une formation pratique ». De plus, cet assistant fournit les principaux numéros d’urgence à composer en France et à l’étranger.

Une application ouverte aux non-formés

En partenariat avec la Croix-Rouge, l’application Sauv Life permet à n’importe quel citoyen d’intervenir auprès d’une personne victime d’un arrêt cardiaque. Qu’il soit formé ou non aux premiers secours ! Pour cela, l’application envoie un sms et une notification aux personnes inscrites situées à proximité de la victime. Elles doivent avoir téléchargé l’application, validé leur inscription et être géolocalisées. Si elles cliquent sur « Je suis disponible », un GPS leur indique alors le chemin à suivre pour arriver au plus vite jusqu’à la victime.

Une fois sur place, les « sauveteurs citoyens volontaires » effectuent les gestes de premiers secours grâce aux indications vocales données par les professionnels avant qu’eux soient sur place. « Une minute sans massage cardiaque, c’est 10 % de chances de survie en moins, explique Lionel Lamhaut, médecin urgentiste au SAMU de Paris et co-fondateur de Sauv Life. Tout le monde peut agir. Mieux vaut un massage imparfait que pas de massage ».

Se servir d’un défibrillateur

Les défibrillateurs sont de plus en plus présents dans les lieux publics, comme les gares ou les grands magasins, mais ne sont pas toujours bien visibles. Or, chaque minute compte. L’application Staying alive (« rester en vie » en français), propose de les recenser dans le monde entier : plus de 160 000 actuellement. Bien sûr, chacun peut participer et en signaler de nouveaux. Celle-ci dispose en outre d'un mode « urgence » qui guide tout au long de la procédure le témoin d’une victime d’un arrêt cardiaque. Et, contrairement à une idée reçue, il n’y a pas de risque de blesser la personne atteinte. C’est l’appareil qui détermine si le rythme cardiaque est anormal et décide ou non d’envoyer un choc électrique.

Là encore, il est également possible de s’inscrire en tant que sauveteur volontaire (sur le modèle de Sauv Life) à condition, cette fois-ci, de fournir au préalable un justificatif de formation aux gestes de premiers secours. Pour savoir où se former, consulter la liste des associations agréées de sécurité civile à la formation des gestes de premiers secours.

Sébastien Iksal, maître de conférences à l’université du Mans en informatique.

"J’ai reçu une formation de secouriste du travail que je mets régulièrement à jour. À l’été 2019, j’ai entendu parler de l’application Sauv Life qui permet aux utilisateurs d’être guidés vers une victime d’un arrêt cardiaque grâce à la géolocalisation et d’intervenir rapidement. Je l’ai téléchargée sur mon téléphone portable et, en janvier 2020, l’application s’est déclenchée. J’ai cliqué sur « Je suis disponible » et je me suis précipité au domicile de la personne en danger, situé à cent mètres de chez moi. Le conjoint retraité m’a ouvert. Sa femme était au sol. Je l’ai tout de suite positionnée pour pratiquer le massage cardiaque. Un autre sauveteur volontaire est arrivé juste après et a pris le relais, le temps pour moi de chercher un défibrillateur. Le SAMU est ensuite intervenu et a pu réanimer la personne. Ils nous ont dit que notre intervention l’avait probablement sauvée. Nous avons également pu rassurer le conjoint âgé, récupérer quelques informations de santé sur la victime et les transmettre aux secours afin d’accélérer la prise en charge.

Peu après, Sauv Live m’a recontacté pour savoir si tout s’était bien passé et si, éventuellement j’avais besoin d’un soutien psychologique. C’est très réconfortant, de même que l’intervention de plusieurs sauveteurs volontaires pour s’entraider et faire face à l’imprévu. Cette application permet à n’importe qui de prendre en charge les personnes victimes d’un arrêt cardiaque, même lorsqu’on n’est pas urgentiste ou pompier. L’objectif est de convaincre les gens de s’inscrire, de faire ce geste citoyen. Plus nous serons nombreux, plus il y aura de vies sauvées."

 

Anastasia Apukhtina, chargée de mission formation grand public à la Croix-Rouge française.

" La personne présente sur les lieux d’un accident doit correctement apprécier la situation et préparer l’arrivée des secours. Ce rôle, qui peut être difficile à tenir, nécessite quelques connaissances de base. Notre application L’appli qui sauve renseigne sur les bons gestes à effectuer et les conseils de prévention. On peut la consulter à tout moment et s’informer selon les besoins, tester ses connaissances, apprendre et réviser certains gestes à exécuter comme lors d’un saignement abondant ou d’un étouffement. Pratique, surtout avec la crise sanitaire qui limite le nombre de formations de base aux premiers secours.

L’interface est simple et plaira même à ceux qui n’ont pas l’habitude d’utiliser le numérique pour apprendre… sans sortir de chez soi ! Pour les grands-parents qui gardent régulièrement leurs petits-enfants, l’initiation aux gestes de premiers secours et la prévention contre les accidents domestiques ajouteront de la sérénité pendant ces moments de garde."

Rédactrice : Magali Migaud

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