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Société

Les pieds dans le plat

1 juin 2021
Végétarien, sans gluten, paléo… Des milliers de Français sont tentés par de nouvelles tendances alimentaires....

Faut-il pour autant suivre ce qui ressemble parfois à une mode ? Comment préserver sa santé en évitant les carences ? Décryptage.

Si hier encore, tous les Français ou presque pouvaient partager le même repas, aujourd’hui nos manières de nous alimenter varient. Chacun son assiette ! Les raisons ? Elles peuvent être médicales ou éthiques ou encore nées en réaction à des scandales agro-alimentaires. Cependant, les diététiciens mettent en garde. Suivre un régime, quel qu’il soit, n’est pas anodin, puisque nous privons l’organisme de certains nutriments importants (protéines, vitamines, minéraux…) et nécessaires pour l’équilibre alimentaire. Il est donc important de s’interroger : leur éviction apporte-t-il un bienfait réel pour la santé ?

Les vraies intolérances

Ainsi, adopter un régime sans gluten se justifie pleinement pour les malades cœliaques (1 % de la population). La moindre ingestion de cette protéine entraîne de nombreux symptômes : ballonnements, anémie, fatigues chroniques, douleurs articulaires… Ils doivent donc impérativement se passer de pain, de biscottes, de pâtes, de semoule, de biscuits et de gâteaux qui contiennent du gluten. Voire de charcuterie, de chocolat ou de bonbons car le gluten se cache un peu partout sous des dénominations différentes – amidon modifié de blé ou dextrose de blé notamment. Cette maladie est diagnostiquée par des tests sanguins, parfois une endoscopie qui permet de visualiser l’intestin grêle.

Il existe aussi des personnes dites « hypersensibles » au gluten. Elles ne sont pas intolérantes, mais lorsqu’elles en absorbent, elles souffrent des mêmes troubles. Elles représenteraient entre 10 et 30 % de la population. En cas de doute, vous pouvez réduire, voire supprimer le gluten de votre alimentation pendant deux ou trois semaines et observer si les symptômes disparaissent. Le gluten peut être facilement remplacé par d’autres sucres lents : riz, sarrasin, millet, quinoa, pois chiche, maïs… La suppression des produits laitiers est aussi indiquée en cas de diagnostic d’allergie ou d’intolérance aux protéines du lait.

Végétariens, végétaliens…

Seule une lettre varie entre ces deux mots, mais les nuances entre ces deux régimes sont importantes. Les végétariens ne mangent ni viande ni poisson. Les végétaliens, quant à eux, éliminent tous les produits de source animale, œufs et laitages compris. Ces choix se font souvent pour des raisons éthiques (comme réduire la souffrance animale ou son empreinte écologique).

Les risques ? Le plus grand est le manque de fer qui se trouve en grande quantité dans les viandes rouges, les crustacés ou les poissons. Pour s’en garder, il est impératif de diversifier ses apports – lentilles, millet, algues, cacao, cassis… – faute de quoi, on risque une fonte musculaire et un affaiblissement des défenses immunitaires. Les végétaliens doivent aussi prendre des compléments en vitamine B12, indispensable à la fabrication des globules rouges et absente du monde végétal. Sauf indication médicale, ces exclusions sont d’ailleurs déconseillées chez les personnes vulnérables : malades, personnes âgées, enfants… Si vous avez commencé seul, il peut être utile d’en parler à un professionnel de santé pour apprendre à compenser ce que vous retirez de votre alimentation par des équivalents nutritionnels.

Retour aux sources

À l’opposé, les adeptes du régime paléo font la part belle aux protéines animales. Basé sur l’alimentation présumée de nos ancêtres, ce régime intègre de la viande (gibiers), du poisson ou des œufs, des racines, des fruits et des oléagineux… et exclut la majorité des produits agricoles ou d’élevage. Pas de viandes de ferme, de laitages ni de féculents par exemple. Si ce régime peut vite faire perdre du poids, il peut aussi créer des carences en vitamine B ou encore en calcium, préviennent les diététiciens. Une alimentation très riche en protéines animales implique également un travail important des reins.

Ni végétarien, ni carnivore, les flexitariens sont quant à eux motivés par la recherche d’une meilleure alimentation, plus saine, plus responsable. Ils mangent moins de viande et choisissent plutôt du poisson et des viandes blanches que des viandes rouges, suspectées de provoquer certains cancers selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais ce sont surtout des consommateurs raisonnés qui limitent les produits industriels et privilégient les produits qualitatifs, locaux et de saison. D’où le retour par exemple de ces légumes que l’on redécouvre : légumes anciens et oubliés, légumineuses… riches en fibres et en minéraux. Une façon de diversifier son alimentation et conserver, au final, le plus important : le plaisir.

Rédacteur : Christophe Polaszek

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