slow_food
Initiative

Slow Food* : une cuisine traditionnelle et écoresponsable

8 septembre 2020

Inscription Newsletter

Et si on y allait doucement avec la restauration rapide ? Tel est l’enjeu du mouvement Slow Food.

Cette organisation mondiale a pour ambition de sensibiliser les citoyens à l’alterconsommation, une consommation de qualité, éthique et écoresponsable. Pour vivre heureux, mangeons mieux ?

1986, la chaîne de restauration rapide McDonald’s débarque sur la place d’Espagne, site historique incontournable de Rome. C’en est trop pour Carlo Petrini, critique gastronomique piémontais, qui déclare la guerre à la malbouffe. En 1989, il crée le mouvement Slow Food, en opposition à la « Fast Food », accusée de standardiser l’alimentation ; une alimentation, de surcroît, industrielle et de mauvaise qualité. Cette écogastronomie, qui fait la part belle aux traditions culinaires et aux produits locaux, prône une consommation éthique et écoresponsable. Les prémices d’une organisation mondiale qui prône le plaisir de vivre et de bien manger. Au menu : une nourriture « bonne, propre et juste » !

L’hédonisme, remède contre la « vie rapide »

Sa « mascotte » est toute trouvée... Un escargot, « aussi lent que délicieux », qui symbolise la nécessité de prendre le temps de déguster un bon repas en bonne compagnie. Leitmotiv : « La vitesse est devenue notre prison et nous sommes tous atteints du même virus : la "Fast Life" (« vie rapide » en français) qui bouleverse nos habitudes, nous poursuit jusque dans nos foyers... », plaide le Manifeste Slow Food pour le goût et la biodiversité. L’antidote ? « Jouir sûrement, lentement, pleinement, et sans excès des plaisirs des sens », tout en redécouvrant la « richesse et les saveurs de la cuisine traditionnelle ».

Manger, un acte politique ?

« Très rapidement, les notions de sauvegarde de la biodiversité, de préservation de l’environnement et de juste rémunération des producteurs sont devenues essentielles et constituent aujourd’hui le fondement des valeurs du mouvement », explique Yaël Pantzer, responsable des politiques européennes chez Slow Food international. Selon elle, l’alimentation est étroitement liée à de nombreux autres aspects de la vie, notamment la culture, la politique, l'environnement... « Par nos choix alimentaires, nous pouvons collectivement influencer la manière dont la nourriture est cultivée, produite, distribuée, et changer le monde en conséquence », estime-t-elle. Aujourd’hui, ce mouvement, reconnu par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, regroupe près de 100 000 membres, répartis dans des centaines de « conviviums » à travers la planète.

Envie de soutenir le mouvement Slow Food ?

Pour s’asseoir à la « table », il faudra débourser entre 50 et 155 euros par an, selon les différents types d’abonnements. Autre option plus économique : une adhésion de trois ans d’un montant de 140 euros pour une personne seule et 215 pour un couple. Vous pouvez également faire un don à la Fondation pour la biodiversité afin de soutenir les différentes actions menées par le mouvement telles que l’Arche du goût, qui a pour mission de recenser les produits alimentaires menacés d’extinction par la standardisation industrielle, ou encore Terra Madre, un réseau mondial qui regroupe des « communautés de la nourriture » engagées à sauvegarder la qualité des productions agro-alimentaires locales.

Depuis 1999, le projet Sentinelles aide les producteurs à sortir de l’isolement, en valorisant les produits artisanaux réalisés dans le respect des pratiques traditionnelles. Le mouvement a également lancé le projet de l’Alliance des Cuisiniers dans le but d’impliquer le monde de la restauration dans la bataille de sauvegarde la biodiversité. Ces gastronomes ont encore du pain sur la planche !

* Slow Food : Restauration lente

Rédactrice : Cassandre Rogeret

Une gestion
certifiée AFAQ ISO 9001